07 mai 2007

ARMENIE ET DARFOUR : CONTRE LE CYNISME DES GENOCIDEURS

darfourPar Armen SEROPYAN, Représentant de la Nouvelle Génération Arménienne (F.R.A. Nor Seround), Administrateur du Collectif Urgence Darfour, le samedi 21 avril 2007.

La commémoration du génocide arménien va se dérouler jusqu’à la fin du mois d’avril dans le monde entier. A cette occasion les organisations arméniennes relaieront l’urgente nécessité d'agir pour le Darfour. En France, où a lieu l’année de l’Arménie, de nombreuses manifestations sont organisées, auxquelles le Collectif Urgence Darfour a été invité à participer. Nous donnons ici la parole à Armen Seropyan, représentant de la Nouvelle génération arménienne et administrateur du CUD.

Du témoignage à la complicité, de l’indifférence au silence approbateur, quelle attitude adoptent de nos jours les citoyens de France et d’Europe, les protégés de la démocratie, face à l’horreur de la situation au Darfour ? Certains ignorent le drame et ne se sentent pas concernés personnellement par ce qui se passe là-bas, si loin, on ne sait où dans un recoin de l’Afrique. D’autres, ne constituant hélas qu’une extrême minorité, ont compris que la notion de responsabilité de protéger ne s’articulait pas nécessairement autour de l’individualisme, et devait se mettre au service de la collectivité par-delà les frontières géographiques et différences culturelles. Ceux-là s’informent, sensibilisent, mobilisent et demandent des comptes à leurs représentants politiques.

Parmi eux, on retrouve les descendants des victimes de génocide. Héritiers d’un passé traumatique, ils ont le devoir de rappeler la souffrance des peuples et d’alerter sur les perversions du genre humain à chaque fois que des populations sont menacées. Cette affectivité est très forte pour les héritiers du génocide arménien, dont les blessures du passé se creusent, d’année en année, des supplices de la torture négationniste. Les images des atrocités du Darfour renvoient au récit des ancêtres, et l’empathie prend place avec une aisance surprenante. C’est ainsi qu’à la Nouvelle génération arménienne (FRA Nor Seround) nous avons fait nôtre ce combat pour une véritable prise en considération des exactions au Darfour. La similitude de ces causes est frappante et transparaît par le cynisme accablant dont font preuve les gouvernements turc et soudanais, pour masquer leurs crimes respectifs. Au sein de la Nouvelle génération arménienne nous sommes donc en état d’alerte. Mais si notre passé, nous prédestine à honorer notre devoir républicain de solidarité envers les peuples victimes de crime contre l’humanité, comme c’est le cas au Darfour, nul ne devrait s’en dédouaner. Il convient aux jeunes générations de défendre une conception humaniste et fraternelle des relations entres les peuples.

Alors que les cris étouffés des Tutsis du Rwanda raisonnent toujours dans l’inconscient des peuples, une nouvelle hémorragie humaine ne peut pas, de nouveau, demeurer abandonnée. Témoins des massacres, impassibles devant l’horreur, ces comportements de la part des bénéficiaires de la démocratie ne peuvent plus être tolérés. La fraternité ne peut se limiter à un ornement constitutionnel. Chacun est responsable du devenir de l’humanité ! Alors que faire ?

Premièrement dénoncer. Dénoncer les exactions contre les populations évidemment, mais aussi le harcèlement que subit l’aide humanitaire, dénoncer aussi les intérêts géopolitiques polluant la réponse internationale. Une situation où le droit international, celui du plus fort, permet à Khartoum de rejeter les appels des Nations unies avec l’appui de la Chine et d’autres nations amies.

Secondement agir. Agir pour envoyer des troupes sous mandat international afin de faire cesser les combats à sens unique et protéger les travailleurs humanitaires. Mais aussi, car les problèmes sont liés, œuvrer pour une véritable instauration d’un droit supranational qui ne permette pas aux dirigeants, comme ceux du Soudan, de prétexter, comble de mauvaise foi, la souveraineté des frontières pour empêcher l’intervention internationale.

Cette procédure d’urgence doit intervenir immédiatement pour stopper les massacres des populations soumises à un danger permanent au Soudan. Conscients que les cris de souffrance émanant du Darfour nécessitent une réponse immédiate, nous avons fait le choix à la Nouvelle génération arménienne de participer à l’action du Collectif Urgence Darfour. Une démarche humaniste, républicaine et universelle dans laquelle nous nous insérons avec fierté, responsabilité et espoir. Nous sommes en effet convaincus que l’action pluraliste et collective, riche des histoires des uns et des autres, permettra de briser les tabous, de repousser les frontières de la « realpolitik » et d’atteindre l’horizon qui est nôtre : la cessation du crime contre l’humanité au Darfour.
urgence_darfour 

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